Une nouvelle année de carnets

Oui, je fais parti de ces gens qui ont besoin d’un carnet pour tout. J’ai longtemps tenté d’avoir un seul endroit où tout compiler : un carnet pré-compartimenté, un carnet que j’aurai moi-même compartimenté, j’ai varié les tailles et j’ai même essayé ce bon vieux classeur avec des intercalaires. Je suis passé à Notion en me disant que le digital était peut-être plus fun, modulable et complet. C’était pire.
Bon. Au moins la question était réglée, j’avais besoin d’un objet physique. Après des semaines de torture, parce que consommation, parce que « j’ai pas besoin de 4 carnets en même temps », parce que « non mais c’est bon c’est la porte ouverte au moindre craquage de carnet » , force m’a été de constater que, si, j’avais besoin de 4 carnets pour m’y retrouver et pour fonctionner correctement.
Une fois qu’on s’est lâché la grappe, c’est l’éternelle question : « pourquoi je me suis obstinée pendant des mois ? ».

Oui, des carnets j’en ai plusieurs d’avance et je ne vais plus me prendre la tête avec ça. Certains vont végéter pendant quelques mois, d’autres pendant 1 an ou 2, mais j’ai pu constater avec soulagement il faut le dire que j’arrivais à trouver un usage utile à tous.
Comme je suis une personne qui vire de bord vers les extrêmes assez facilement et passer de « c’est bon je peux me démerder avec un seul » à « hey ! mais c’est incroyable ce rayon papeterie carnets allez zébardiiii », j’ai toujours un peu peur de mal faire alors j’ai tendance à préférer ne rien faire ou peu, du coup la frustration s’installe petit à petit et je finis par craquer – c’est un schéma qui malheureusement se répète dans pas mal d’aspects de ma vie, notamment la nourriture, le sport, mais j’y travaille encore et toujours.

Je ne prends plus de très beaux carnets depuis que j’ai remarqué mon utilisation complètement anarchique, je les trimballe partout, de sac en sac, et ils s’abiment relativement vite, je ne leur fait pas tellement de cadeau. Pas que cela me gène, ça leur donne leur charme, mais j’en reste aux basiques et cela me convient très bien car ils sont généralement moins chers et bien sûr personnalisable à souhait.

Cette année ça a été le grand retour de l’agenda papier. Là aussi j’ai essayé différentes techniques pour m’organiser et m’alléger l’esprit, et même conclusion que les carnets : je devais revenir au papier. L’agenda numérique, celui de Google principalement, a fini par installer une gène croissante en moi, je ne voulais pas que mon téléphone se transforme en secrétaire. L’idée que mon tel garde des traces de moi est quelque chose qui me dérange, pourtant je le sais bien j’ai des bouts de moi partout sur le net, j’y suis fichée de plusieurs manières différentes. Et c’est peut-être ça aussi qui m’a fait revenir à l’écriture manuelle et au papier : je voulais reprendre un peu de contrôle.

Bien m’en a pris parce que je n’ai jamais été aussi organisée depuis. Je redécouvre la joie simple d’utiliser des codes couleurs, les stylos qui m’appelaient désespérément dans leur pot ont été entendus , ainsi que divers stickers et masking tape. Je n’en suis pas encore aux fabuleuses pages d’utilisateurs d’Hobonichi que l’on peut admirer sur le net (ne tapez pas le mot sur Pinterest…) et je ne suis pas vraiment sûre d’arriver à ce degré d’engagement – surtout vu le prix du carnet.

Je ne peux pas m’empêcher de tout personnaliser, et psychologiquement cela joue un rôle fondamental dans ma capacité à me sentir bien dans une pièce (le bureau par ex qu’il me serait impossible de laisser minimaliste) ou bien de sentir que tel objet m’appartient. Reprendre des carnets m’a beaucoup aidé à lâcher prise un peu sur l’éternel sujet de la créativité. La création est un jeu, et je veux pouvoir retrouver ce sentiment de joie du jeu dans ce que je fais. Ne plus avoir cette question incroyablement subversive et perverse du « oui mais pourquoi faire » dès que j’entreprends un projet.
Il n’y a pas de pourquoi dans le fait de faire, simplement des émotions et sentiments qui s’expriment et forment un univers. Un enfant ne se demande pas pourquoi il joue, il en a envie alors il le fait. Je veux garder cet état d’esprit quand je crée.

J’ai enfin trouvé un usage pour un carnet qui attendait patiemment, c’est du très beau papier alors je ne voulais pas le gâcher. Cette idée de faire sécher les fleurs de ma maison m’est venue au cours de ma énième petite balade sur le terrain. La couverture est la vague d’Hokusai et bien que je n’ai rien contre elle je prévois de coller par dessus une peinture que j’aurais faite pour être plus raccord avec le sujet. Je tente de ne pas me prendre la tête sur mon horrible écriture, de la joie on a dit !
Et pour remplir le carnet, y’a plus qu’à planter !

2 réflexions sur “Une nouvelle année de carnets”

  1. Qu’ils sont beaux ces carnets, et ces stickers, et ces fleurs ! Le violet a l’air d’être une prédominante par ici !
    Je te comprends tellement quand tu parles de cette peur de mal faire. Tu cites notamment le sport et la nourriture, et je me disais, « ah tiens c’est drôle, quand je me lance pour me mettre au sport ou manger sainement je commence par me blinder d’infos et tout faire parfaitement, mais comme ça ne fonctionne pas comme ça j’arrête parce que j’ai sprinté et je suis déjà essoufflée ». Et dans un sens c’est peut être aussi une peur de mal faire finalement !
    Bravo pour ton lâcher prise vis à vis du nombre de carnets, je pense que l’essentiel c’est de juste faire ça pour soi et d’aller avec le flow.
    Trop hâte de lire ton prochain billet !

  2. C’est marrant que tu qualifies ton écriture d’horrible, parce qu’en voyant l’image je me suis immédiatement dit que je l’aimais beaucoup ! Tout comme le concept du carnet/herbier. J’en avais un quand j’étais petite, que je remplissais avec l’aide de ma mère, j’adorerais le retrouver.

Répondre à Sempra Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Retour en haut